Je ne suis pas adepte du "je fais tout le temps tout comme
tout le monde" bien qu’il me faille me soumettre comme tout le monde,
aux divers compromis, obligations, règles, etc. régissant la société dans
laquelle nous vivons. Ce qui ne me pose, d’ailleurs, aucun problème puisque cette individuation s’opère dans des domaines "accessoires" néanmoins essentiels
pour moi, existentiels, intérieur,…
Je me suis souvent demandé d’où pouvait me venir cette manie
de vouloir, dans la mesure du possible, ne pas suivre la meute, ne pas devenir un
mouton de Panurge. Visiblement elle vient de loin, à ma naissance déjà je faisais de la résistance en me payant le luxe de n’apparaître que dix jours après
le terme prévu. J’étais donc têtue et dotée d’un caractère bien affirmé in utero,
ledit caractère ne m’empêchant pas pour autant de devenir plus tard ambivalente,
énigmatique parfois incompréhensible, compliquée, pleine de doutes, etc, etc,
etc. Mais… J’en reviens à mon mouton, là où devait me mener l’idée
première de cette note, juste avant que je ne m’égare dans les méandres de ma
vie in intéressante, in utero.
Surfant également sur la vague du je ne fais pas les choses comme
tout le monde, la génétique s’en est aussi (em)mêlée : j’ai 3 reins
et… je chausse du 36 et demi.
Pas 36, non.
Pas 37, évidemment que non, ça
aurait été trop simple.
Je me trouve donc assez souvent confrontée à un problème de
taille et généralement il est facilement résolu. Si la référence ne
comprend pas de taille intermédiaire, j’adapte selon la saison : Pour les
chaussures d’été le 36 va très bien puisque les modèles sont découpés, en hiver
le 37 est un peu grand mais avec une semelle, c’est impeccable. Hélas trois
fois hélas, parfois il m’arrive de tomber sur un os et voilà que l’entre deux (le drame de toute ma vie) se fait ennemi rapproché.
LE modèle était exactement celui que
je m’obstinais à chercher depuis des semaines, LE
coloris était juste parfait et la référence proposait même les demi pointures. Le
pied ! Enfin presque puisque le 36,5 n’était plus disponible. Qu’importe,
j’essaie le 37, il est un peu grand mais comme d’habitude la petite semelle
devrait combler la demi pointure de trop. Et puis si ça ne va pas je ferai
aller quand même en mettant de grosses chaussettes, il est hors de question de passer à côté de cette splendide paire
de boots !
Heureuse de mon achat, je garde - oui… comme les enfants -
ma nouvelle paire de chaussures aux pieds pour terminer les emplettes avant d’aller
récupérer la voiture au parking. Le calvaire ! Le pied n’est pas
suffisamment tenu, il y a un sacré tangage dans ces péniches là et je ne vous
parle même pas du roulis. Malgré la semelle adéquate je nage dans mes
merveilles à tel point que pour éviter tout risque de piqué incontrôlé sur le
trottoir, je suis obligée de recroqueviller mes orteils afin qu’ils s’ancrent à
la semelle. J’enrage.
J’aurais pu prétendre à une démarche chaloupée pour coller à
la galère du moment, au lieu de ça je me suis vue (dans la vitrine du glacier)
affublée d’une seyante démarche de danseuse étoile allure de canard boiteux.