A la table d'à côté est assis un
peut-être futur couple au devenir incertain.
Lui, m’a
abordée quelques minutes plus tôt pensant que j’étais celle qui l’attendait. Il
m’a parlé de Mystic, le site de rencontre sur lequel nous aurions fait
connaissance trois jours avant, du rendez-vous pris dans la foulée, de son
retard calculé parce qu’il ne supporte pas d’attendre, de mes cheveux plus
longs que sur la photo et de mes yeux pas bleus (forcément…), de son travail de
consultant en… je n’ai pas très bien compris il mange la moitié de ses mots, de
sa superbe allemande (portant le nom d’un bagne de Guyane) mal garée, de ses chaussures
italiennes fabriquées par le chausseur de, entre autre, George Clooney… Bref,
tout ce que j’aime chez un homme pingouin qui, en plus, ne me
laisse pas en placer une !
Elle, que ni
lui ni moi n’avions remarquée, se tient un peu à l’écart, tout au bout de la terrasse. Après un certain temps elle se décide enfin à nous rejoindre, explique la méprise (il comprend vite mais il faut lui
expliquer longtemps) et me sauve la mise. J’ai rarement rencontré pareil
énergumène, j’aurais juré qu’il était commercial chez Bling-bling.
Il s’excuse,
propose de m’offrir un café tout de suite ou la semaine prochaine (non merci, j’ai
eu ma dose pour aujourd’hui et la semaine prochaine j’ai piscine tous les jours),
elle me sourit et tous les deux s’assoient à la table d’à-côté.
Mon amie de café/sport arrive, je lui raconte "l’aventure", elle se moque, me dit qu’elle aurait bien fait un tour dans la Porscherie de Piniouf 1er et tant pis pour le cerveau sans turbo.
Le couple papote tranquillement, enfin c’est plutôt monsieur qui a pris la parole et mademoiselle qui prend… son mal en patience. Il lui sert le couplet du super boulot, belle auto et chers godillots, puis, alors qu'il lui montre des photos de lui remontant sans doute au berceau, c’est le drame :
Mon amie de café/sport arrive, je lui raconte "l’aventure", elle se moque, me dit qu’elle aurait bien fait un tour dans la Porscherie de Piniouf 1er et tant pis pour le cerveau sans turbo.
Le couple papote tranquillement, enfin c’est plutôt monsieur qui a pris la parole et mademoiselle qui prend… son mal en patience. Il lui sert le couplet du super boulot, belle auto et chers godillots, puis, alors qu'il lui montre des photos de lui remontant sans doute au berceau, c’est le drame :
- Tu sais que tu étais très mignon quand
tu étais petit
- Je sais oui. Ça t étonne ?
- Un peu... Je me demande ce qui s'est passé depuis
Paf dans les
dents ! Alors ça, c'est presque pire qu'un mawashi-geri coup de pied circulaire. Je jubile... discrètement. George
Cloonesque, dont le premier réflexe fut de sonder les alentours pour constater l’étendue
de la blessure infligée à son amour-propre, resta sans voix.
Comme quoi, il y a une justice… divine !
Je me demande si, comme le permet le droit de rétractation à toute personne faisant son petit marché sur un site de e-commerce, il est possible de renvoyer
l’objet de notre déception dans un délai maximum de quatorze jours...
Tiendra-t-elle seulement deux heures ?

