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samedi 6 septembre 2014

La Déconfiture Des Fraises

J’ai passé des heures à rédiger lettres et mails à faire parvenir illico presto subito (ou presque) à divers services de la mairie, du cadastre, au notaire et enfin à l’assureur chercheur de poux. En espérant que cette fois, aucune attestation ni copie d’actes de tout et n’importe quoi ne manquera et que nous pourrons enfin en finir avec la gestion de ce sinistre, vieux de huit mois. Vive la garantie Catastrophes naturelles qui fait durer le déplaisir. Mon père n’aurait jamais pu se sortir de ce brouillamini tout seul… Et ça me met la mine graphite ! 

En fin d'après-midi se pointent donc le petit coup de mou cérébral ainsi que la baisse de régime physique de la journée : la vitalité a pris la poudre d’escampette, se bronze actuellement sous le soleil de Bodega, les idées fleuries et odoriférantes, elles, taillent la Route 66 avec M… Et dans les placards, pas le plus petit morceau de chocolat psycho stimulant, pas le moindre macaron revigorant. Juste des fraises Tagada et des crocodiles gélatineux que mes filles adorent, c'est-à-dire pas de quoi exciter mon hypothalamus (encore moins ce fainéant d’hypophyse) ni susciter une sécrétion de dopamine et d'endorphines de masse.
Pourtant… "Haribobo c'est beau la vie pour les grands et les petits", non ? 
C’est exactement ce dont j’ai besoin.

samedi 26 avril 2014

Je M'verrais bien... Accordeuse De Silence

Il y a des jours où, même le pied appuyé à fond sur la pédale de frein, tout va beaucoup trop vite, trop fort. La vie se moque bien que bibi s’esquinte aussi les oreilles à freiner des quatre fers ; tout s’emballe, du lever au coucher, un peu comme si j’assistais à un concert de rock dans une rame TGV à l’insu de mon plein gré.

Le monde se nourrit de bruit, s’empiffre de brouhaha et de vacarme à tire-larigot. C’est un boucan d’enfer sans relâche et quasiment partout.
Ça commence dès le matin avec ce fichu réveil qui nous extirpe violemment de la douce torpeur de la nuit. Et ça continue avec le bruit des appareils électroménagers : le grille-pain fait bip bip, le micro-ondes fait bip bip, la plaque de cuisson fait bip bip, la cafetière fait bip bip… je ne vous parle pas du réfrigérateur qui m’échauffe les oreilles sur l’air de Oh Suzanna dès que j’hésite un peu trop longtemps entre un yaourt bulgare et un fromage blanc !
Et ça continue encore avec les excités du matin coincés dans les embouteillages sur le chemin du travail, adeptes de symphonies klaxonnales en fa majeur et de braillements en tout genre… Peut-être d'ailleurs, doivent-ils d’être au bord de la rupture d’anévrisme à Mireille Mathieu chantant la Marseillaise, toutes amygdales dehors, une heure plus tôt "dans" ledit réveille-matin. Qui sait ?
Bref, c’est comme ça toute la journée.



lundi 31 mars 2014

Spleen & Idéal

Je n’aime pas les dimanches soir, j’ai systématiquement un petit coup de moins bien qui me tombe dessus au moment où le jour décroît. Sans doute le regret de voir se terminer le week-end : adieu détente, répit et moments privilégiés. Sans doute la perspective de commencer une nouvelle semaine, de me remettre dans le bain, de reprendre ce rythme, devenu mon quotidien depuis des mois. Sans doute aussi la nostalgie de ces soirées quand, enfant ou adolescente, elles correspondaient avec un retour en classe imminent et ce fichu cartable à préparer. Pour cela il me fallait quitter le lieu, les gens et l’instant, toujours au meilleur moment.

A une époque, nous terminions certains dimanches par un grand goûter familial organisé chez mon oncle et ma tante. Je les appréciais particulièrement, non seulement pour la joyeuse ambiance de ces (aujourd’hui devenus davantage précieux puisque perdus à jamais) après-midi mais, également et surtout, parce que j’y retrouvais mes cousins.
Ces quatre frères plus âgés que moi m'amenaient à commettre les innombrables petites bêtises auxquelles je ne pensais pas et me poussaient à faire celles que je n’avais pas le courage de faire seule. Ce fut une période bénie, baignée de bonheur et d'insouciance, jusqu'à ce que nos études, puis la vie se chargent de nous éloigner.

mardi 10 décembre 2013

Sans Titre (Provisoirement... ou pas)

Pourquoi les semaines, les mois et les années s'ingénient-ils à passer aussi vite ?

Je crois que l’immersion de ce week-end dans certains souvenirs d'enfance, m’a rendue un brin nostalgique. Je donnerais beaucoup pour faire un saut ultra rapide en arrière, dans les années où l’insouciance de mon âge m’évitait inquiétudes et angoisses, où ceux que j’aimais et qui ne sont plus faisaient encore partie de ma vie...
Juste quelques minutes pour me remplir à l’infini le corps et l’esprit de ces moments d’inconscience infantile, petites pépites délicieusement sucrées, à distiller judicieusement jusqu’au bout de la vie.
D’ailleurs, on devrait avoir deux vies : la première pour "apprendre", la seconde pour se contenter de vivre.

Les quatre grands cafés avalés en milieu d'après-midi, l’estomac vide, vont remettre d’équerre mon grenier cérébral.

dimanche 27 octobre 2013

Ange Mode d’Emploi

En ce moment, plus particulièrement en ce moment, il me faut avoir une patience d’ange et je suis on ne peut mieux placée pour dire que ce n’est plus ma qualité première.
À une époque pas si lointaine je n’aurais pas été aussi catégorique, mon stoïcisme dépendait la plupart du temps de "avec qui, pour qui, pourquoi et pour quoi ?", donc quasi toujours à toute épreuve.
Aujourd’hui, hélas, c’est la débâcle dans la raspoutitsa malgré quatre minutes douze par jour de méditation en position du lotus inversé et au moins 108 aum deux fois par semaine.
Il y a, à n'en pas douter, à nouveau du grabuge dans mes chakras ! 

Dieu sait (non, pas lui mais puisque j'y suis… lui encore plus que les autres) que je ne suis pas un ange, alors comment faire ?

Un ange passe… 



mardi 30 avril 2013

Je vous parle d’un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître...

(Internet en ce temps là…)

En feuilletant mon agenda de l’année 2000, j’ai retrouvé mes login et mot de passe de l’époque OrekaJ’avais souscrit à l’offre gratuite de 6 h/mois qui venait en complément de mon abonnement. En 1999 je surfais depuis chez moi avec un forfait tout compris de 30 h/mois pour la modique somme de 155 fr.
30 h… Dire que j’ai pu un jour m’en satisfaire. 
Qui donc peut bien se souvenir d'Oreka aujourd’hui ?

C’était le bon temps ou pour avoir une connexion Internet bas débit (56 k) merdique/merdeuse, peu stable de surcroît, il était indispensable de ne pas avoir la flemme olympique, de pédaler d’arrache-pied ou d’être proche d’un Lance Armstrong encore inconnu au bataillon du Tour de France, et qu’il accepte de s’entraîner dans le sous-sol pour doper la connexion Internet. Soit…

En 2001 les premiers abonnements illimités arrivèrent sur le marché. J’avais connu ce fournisseur d’accès aux Etats-Unis et j’en étais plutôt satisfaite, dans ce cas pourquoi changer une équipe qui gagne ?  Et même si Bidule France était bien moins performant que Bidule US, qu’importe, je surfais tout de même sur la vague de l’illimité.
Ces forfaits furent les bienvenus, attendus comme le messie par les abonnés et ce malgré un débit riquiqui pas du tout maousse costaud puisqu’il fallait deux bonnes minutes pour ouvrir une page contenant plus de quatre images. Les 30 heures par mois fondaient comme neige au soleil. Je ne vous parle même pas de l’incommensurable galère quotidienne pour se connecter. Trouver LE serveur relevait du parcours du combattant et demandait une patience à toute épreuve, le succès de l’offre dépassant largement les espérances du FAI, il était constamment occupé.
In fine, c’était une offre illimitée plus que limitée, hormis pour les problèmes techniques qui eux, battaient tous les records. Et quand, par chance, la connexion s’établissait enfin il fallait veiller à ne pas rester inactif plus de cinq minutes (apparition des pauses pipi TGV et du sandwich SNCF gobé à la vitesse grand v) sous peine de coupure immédiate. Astuce fourbe mise en place par le FAI afin que tous les abonnés puissent avoir une chance d’accéder à la connexion. Ceux échappant à un Parkinson stade 3, finissaient chauves et/ou atteints du syndrome du cogner-fort-du-poing-sur-le-bureau.

La parade ne tarda pas à arriver. CyberZorro, un ingénieur informaticien (un très fort maticien, d’ailleurs), surgissant d’on ne sait où de la nuit e-toilée et chevauchant fièrement sa monture TornadoNet, nous proposa un logiciel salvateur. Il était fringant, beau comme un freeware, surtout très efficace dans le rôle du simulateur d’activité permanente. IP IP IP houra !

La galère commença alors pour les correspondants qui tentaient de joindre l’abonné d’une ligne téléphonique constamment occupée.

Quelle époque... 




Atmosphère : Bendiou ma pauvre Ginette,  je viens de prendre 12 ans dans les gencives en moins d’deux !