Plus d’une paire d’années que je ne m’étais retrouvée assise là, à mon bureau, concentrée devant cet écran (j'avoue, un peu sur mon téléphone aussi), mes doigts courant sur le clavier, comme si rien ne s’était passé. Avec envie et juste par plaisir. Le plaisir de laisser couler les mots, de les aligner tels qu’ils arrivent ou presque, sans mise en forme particulière, sans trop les contrarier, pour garder la spontanéité de la pensée. Et tant pis si la syntaxe comme la ponctuation laissent à désirer, tant pis si les phrases sont trop courtes ou très longues, truffées de ces "que", de ces "qui", de ces "donc", de ces "de ces"… de répétitions, de redondances, de tous ces mots qui alourdissent un écrit.
Je n’aime pas la rigidité ni les contraintes textuelles tout simplement parce que fainéante et impatiente dans ce domaine, je suis incapable de les appliquer. J’aime les textes construits, travaillés, fins, ciselés uniquement chez les autres.
Il est compliqué de repartir en ces lieux comme si je n’avais pas changé. En ces lieux ou en d’autres d’ailleurs, alors autant continuer ici, la peinture n’avait même pas eu le temps de sécher à l’époque. J’ai posé, à la hâte, du papier peint un peu trop mémé à mon goût mais le bureau des tendances déco a certifié que c’était le top du kitch top. Les vieilleries reviennent en force !
J’ignore si je peux être aussi assidue qu’à une certaine époque sur une autre plateforme (n’est-ce pas Honey ?), j’ignore si l’envie ne va pas se carapater, une nouvelle fois, illico presto subito.
Aujourd’hui, en tout cas, je sens une infime démangeaison au bout des doigts, une légère vibration au poignet droit et une petite étincelle juste là.
Pourvue que ça dure !