lundi 29 septembre 2014

Monologue D’un Claustrophobe Prolixe

- Bonjour, vous permettez que je profite de votre voyage en ascenseur ? Vous allez à quel étage ? Moi au septième. 
Il sélectionne l’étage, se place face à la porte, s’excuse de devoir me tourner le dos et commence à déverser un flot ininterrompu de paroles, rendant impossible la moindre réponse de ma part. J’ai toutefois le loisir d’admirer sa carrure, son apparence soignée, de sentir les effluves d’un parfum que je reconnais. 
- Cela ne vous ennuie pas si je vous parle au moins ? Sachez que je suis extrêmement mal à l’aise dans un endroit clos et dialoguer avec vous, le temps du transport, me fera oublier ma peur. Seul, l’idée de m’enfermer dans un endroit aussi exigu ne me serait certainement pas venue. Vous devez penser que c'est complètement idiot de prendre l'ascenseur quand on est claustrophobe, et vous avez raison, mais votre présence me donne le courage nécessaire. Vous êtes une bénédiction. Et puis l'idée de devoir grimper sept étages à pieds est un prétexte valable, en tout cas il suffit à me faire passer outre cette phobie de malheur. D'ailleurs, là, j’ai rendez-vous avec ma psy et elle va être satisfaite de moi. C’est grâce à vous, je ne manquerai pas de le lui préciser. Vous y allez peut-être aussi ? Non... Suis-je bête, je vois que vous vous arrêtez au cinquième. 
Il se retourne, gêné et sans doute perturbé par sa prise de risque - avec l'ascenseur, pas avec moi ! - il fuit mon regard mais accorde toute son attention à mes pieds. Et n’interrompt pas pour autant sa logorrhée.
- Si vous avez deux minutes à perdre vous pourriez être la béquille d’un phobique jusqu’au septième ; il vous en sera éternellement reconnaissant. Dans le cas contraire il terminera son ascension à pieds, après tout, deux étages ce n’est pas la mer à boire. C'est très joli ce que vous portez... vous le portez très bien. Par contre, vous n'êtes pas une grande bavarde ! Je me trompe ?
Deux heures après, j’en suis encore sans voix.

jeudi 25 septembre 2014

Question Du Jour (25 Septembre 2014)

Les marques rivalisent d'ingéniosité, d'originalité et surtout de malignité pour sortir tous les six mois le dernier Smartphone, presque identique au précédent mais... qu'il faut à tout prix avoir. Même les Chinois surfent sur la vague de ce commerce oh combien juteux.

Inutile de vous dire que l'idée de la conception d'un It-phone (LE téléphone indémodable qui passerait à travers les âges et les époques tout en restant très performant) pour ceux qui, comme moi, s'attachent à leur joujoun'est - et vous comprendrez aisément pourquoi - en gestation dans aucun bureau des tendances, ni bureau d'études.


Malgré les efforts déployés pour nous faire plier sans sourciller avec le nouveau modèle S 12, le 8+, etc, aucune d'entre elles n'a, jusqu'à présent, trouvé un moyen à la fois écologique, efficace et pratique pour recharger les batteries. Pourtant, ce serait un concept vraiment révolutionnaire !

Alors, à quand un téléphone qui se recharge pendant la discussion ? (Demande une bavardophilophone).

mardi 23 septembre 2014

Arrête Ton Char Ben-Hur

Depuis quelques jours, mon (venu de nulle part... ou probablement d'ailleurs, en tout cas inconnu jusqu'à ce matin) compteur de commentaires spams, semble s'être affolé, il enfle de façon spectaculaire et cela ne m’enchante guère. 

Aucune popularité subite acquise après une participation à Blog Factor ou à The Blog, ni  le passage fortuit d’un groupe 
transnational de réfugiés cherchant désespérément un abri antiradiations, anti-explosions, anti-enlèvements, anti-etc, au cas où les terrorisants mettraient leurs menaces à exécution. 
Nullement l’ombre d’une communauté de plus ou moins grands fêlés, maîtres dans l’art du hameçonnage, espérant trouver refuge dans un petit coin sans trop d’allées et venues, le temps de ferrer quelque alevin aussi frétillant que manipulable.
 
Bien lui en prit, il ne s’agit pas non plus d’un banc... de sardines désorientées venues s’échouer sur ma p(l)age et en aucun cas d’une batterie de psys avides désirant se pencher attentivement sur mon cas tourmenté.
 

jeudi 18 septembre 2014

2 h 27' Et Des Poussières

C'est le laps de temps, à quelques poussières  d'étoiles près, durant lequel j'ai dormi cette nuit. Admirons ensemble la précision digne d'un mécanisme d'horlogerie Suisse (ou Franc-Comtois) ainsi que la pertinence de cette information principale. Il faut dire qu'à ce rythme toutes les minutes relèvent de la plus haute importance. 

J'ai bataillé dur avant de me décider à mettre en pratique LA méthode dont la réputation ne serait plus à faire... selon le magasine Top-J'mesenbien. Les exercices censés faciliter l'endormissement d'un(e) insomniaque méga retord en un temps giga record, sont les suivants : 
  - La technique des ondes alpha, 
  - Celle du mantra, 
  - De la télécommande pour zapper les idées noires, 
  - De l’éponge pour effacer le tableau noir et enfin, 
  - La respiration sédative. 

mardi 16 septembre 2014

Impressions Soleil Levant

J'écris pour entendre sous mes doigts cette petite musique mélancolique qui chante des éclats de mémoire d'une journée très particulière. C’était il y a quatre ans…

C'est le matin, l’heure où la ville s’éveille, l’heure des travailleurs pressés et des files de véhicules qui se dirigent vers un même point : le centre stratégique. J'ai quitté l'autoroute charriant les heureux vacanciers de septembre.

Tout à l'heure j'arriverai...

Je prends le bord de mer, longe l'aéroport et les premiers palmiers. Sur les panneaux, la ville s'annonce bien trop vite. Aujourd’hui j’aimerais voir le temps freiner des quatre fers. Je coupe l'air conditionné, ouvre les vitres pour profiter de l'air léger, me remplir la poitrine de l’odeur iodée de la mer. Toute mon enfance défile depuis le départ, plus je bouffe des kilomètres, plus j’approche de ma destination et plus loin remontent les souvenirs. 

Tout à l'heure j'arriverai… il faudra faire comme si.

vendredi 12 septembre 2014

Un Nouveau Petit Rasé Raciste

Le minuscule chien du couple dont le jardin grouille de nains (visiblement on aime les petites choses chez les Dupont-Durand) a encore voulu me pincer les mollets ce matin. Embarrassé, son maître me dit que, contrairement à lui, le mini Chihuahua très moche et très bête de madame ne supporte pas les petites brunes (sic). 

Et bien il va falloir que le 
pelé pépère s’y fasse, ce n’est certainement pas un tout riquiqui pimbêche qui me fera changer de trottoir, encore moins de couleur de cheveux. A la limite un grand Danois ou un puissant Rottweiler arriverait à me faire blondir de peur mais pas un Chihuahua ! Quant au jusque-là secret espoir de prendre quelques centimètres pour culminer à plus d’1 m 60, il est, hélas, vain. 

Au prochain croisement avec le sauvageon acariâtre, c'est moi qui sortirai les crocs et je crains fort qu'il ne soit transformé en chair à saucisse Teckel à poils ras.

J’aime les chiens, hormis les petits sournois qui ont une dent contre mes mollets/chevilles/chaussures ; ce qui n'était jamais arrivé !


jeudi 11 septembre 2014

(In)Culture & (Dé)Confiture #4

Pour les Cht’is et les Marseillais de Las Vegas à Mykonos, en passant par Ibiza, Cancoon, Rio, Hollywood et Pétaouchnok,
Pour les Cht’is et les Marseillais qui font du monocycle, du parachute obsessionnel et de la choucroute armoricaine,
Pour les participants de Loft Bœufs Story, de Secret Zéro Story, ceux de L'Île de la tentation des niais, de L'Île des vérités blaireaux, d’Opération séduction Bulldozer,
Pour Greg le millionnaire trépané, Marjolaine et les Millionnaires l’Oseille, pour les participants de L'amour est dans le pré une drôle de vacherie et ceux de Qui veut épouser mon (débile de) fils ?
Enfin… pour Les Anges (gl)Andouilles de la télé-réalité, La belle bête et ses princes pas charmants, Le Bachelourd, Debilla (la standardiste shampooineuse) en famille à Los Angeles
Trécon (Marne), etc. etc. :


Le Maki Kata n’est pas un mauvais sushi, de même que le maquis n’est pas un poisson japonais
Truman Capote n’est pas l’inventeur du préservatif, il ne vivait pas à Condom non plus 
Le concombre n’est pas un cucurbitacée stupide
Le dromadaire ne déblatère pas, de même que le pigeon ne "roufoule" pas

Le boléro de Ravel n’est pas un accessoire de mode
Une pinacothèque n’est pas... ce que vous imaginez
Les trente glorieuses ne sont pas les trente femmes les plus célèbres
Un croupier ne s’occupe pas d'arrière-trains
Le médecin qui consulte à son cabinet ne reçoit pas dans les WC

La racine carrée n’a pas été inventée par
Stromae
Samson et Dalila ne sont pas les ancêtres de Véronique et
Yolanda 
Un naturaliste ne se promène pas tout nu dans un club de vacances
L’arbouse n’est pas le produit d’une vache
Un delphinarium n’est pas un élevage de Delphine
Une basilique n’est pas une plante aromatique
La Garde des sceaux ne séquestre pas des couillons
Une potiche n’est pas une moumoute et n’a jamais fait partie d’un gang.


Suite au prochain numéro…



Pour retrouver le N°1 c'est >>> ici <<<
Pour le N°2 c’est >>>  <<<, 
Et pour le N°3 c’est >>> <<<.

lundi 8 septembre 2014

Un Nu... Pas Encore Volé Sur Mon Cloud

Vous n’êtes pas sans savoir - sauf si vous revenez d'un séjour de plus d'une semaine sur Melmac - que des photos de stars américaines dénudées ont circulé sur les réseaux sociaux après un piratage de leurs comptes iCloud de la marque à la pomme croquée.
Décidément, les pommes, qu’elles soient croquées ou non… quel péché !

Même si certaines d’entre elles n’ont pas besoin d’avoir leurs clichés volés pour qu’on les aperçoive à poil un peu partout et tout le temps, je veux bien admettre que le fait de ne pas avoir eu le choix rend la mésaventure autant perturbante que bouleversifiante. En même temps, sans avoir besoin de trop réfléchir – c’est donc à la portée de tous les QI supérieurs à 32, 8 – les utilisateurs de Clouds se doutent bien du danger qu’il y a à ne pas pouvoir maîtriser le stockage de leurs données.

Allez savoir pourquoi, j’ai tout à coup craint qu’un de mes costumes d’Eve non immortalisé sur mon téléphone, atterri par l’opération du Saint-Esprit je ne sais trop sur quel serveur 
infonuagique, ne finisse entre de sales mains et me mette pour le coup dans de sales draps. Je suis donc allée laisser traîner mes guêtres et jeter un œil discret (prête à éventuellement nettoyer mon Cloud vite fait bien fait au cas où par hasard à l’insu de mon plein gré…) dès potron-minet. 
Et là... OMG ! (Oh my god ! Oh my goodness ! Oh my gosh !).
Un Nu… de moi ! 


samedi 6 septembre 2014

La Déconfiture Des Fraises

J’ai passé des heures à rédiger lettres et mails à faire parvenir illico presto subito (ou presque) à divers services de la mairie, du cadastre, au notaire et enfin à l’assureur chercheur de poux. En espérant que cette fois, aucune attestation ni copie d’actes de tout et n’importe quoi ne manquera et que nous pourrons enfin en finir avec la gestion de ce sinistre, vieux de huit mois. Vive la garantie Catastrophes naturelles qui fait durer le déplaisir. Mon père n’aurait jamais pu se sortir de ce brouillamini tout seul… Et ça me met la mine graphite ! 

En fin d'après-midi se pointent donc le petit coup de mou cérébral ainsi que la baisse de régime physique de la journée : la vitalité a pris la poudre d’escampette, se bronze actuellement sous le soleil de Bodega, les idées fleuries et odoriférantes, elles, taillent la Route 66 avec M… Et dans les placards, pas le plus petit morceau de chocolat psycho stimulant, pas le moindre macaron revigorant. Juste des fraises Tagada et des crocodiles gélatineux que mes filles adorent, c'est-à-dire pas de quoi exciter mon hypothalamus (encore moins ce fainéant d’hypophyse) ni susciter une sécrétion de dopamine et d'endorphines de masse.
Pourtant… "Haribobo c'est beau la vie pour les grands et les petits", non ? 
C’est exactement ce dont j’ai besoin.

mercredi 3 septembre 2014

Attention Baleine Sous Gravillon

|Lundi matin|

Quelle ne fut pas ma surprise de voir l'homme en costume cravate arrivant face à moi sur le trottoir du bord de mer me sourire, déposer son sac, sa veste sur son sac puis se cambrer de manière spectaculaire pour exécuter une sorte de plongeon arrière latéral et disparaître derrière le mur surplombant la plage. 

Médusée, stoppée net dans ma course de début de journée/semaine, je me suis crue victime d'une hallucination causée par un abus dominical de tiramisu couplé à un trop plein de caféine et à une nuit tirant un peu trop sur le crème à mon goût (crème = frisant la blanche). 
Une fois la surprise passée, le temps de retrouver mon neurone et demi, de reprendre mes esprits et voilà que l'acrobate réapparaît déjà en haut de l'escalier, la cravate de traviole, légèrement hirsute, heureux de l'effet produit et frais comme un gardon.
Je le regarde récupérer son sac, passer sa main dans ses cheveux pour se recoiffer, enfiler sa veste, ôter puis épousseter ses chaussures et me rejoindre, la fleur aux dents. 
"Aujourd'hui, lundi 1er septembre 2014, il est 10 h 18 et je viens de croiser un joyeux illuminé. Youpi la semaine se présente sous les meilleurs auspices !"