"Rien n’est plus agaçant que de
ne pas se rappeler ce dont on ne parvient pas à se souvenir..."
Il m'arrive de chercher un mot très longtemps, parfois même toute une journée. Autant que vous le sachiez : j’ai l’idée fixe. Et c’est peu dire…
Il m'agace, me démange, me chatouille et me gratouille. Où ça ? Et bien partout ! Plus je m'énerve et moins je le trouve, sans doute est-il adepte du "suis-moi je te fuis".
Je suis capable d’en perdre le sommeil juste parce que c'est ce mot là que je veux retrouver, lui et pas un autre, forcément moins bien. Je peux également asticoter ma famille durant des heures, tentant de la mettre sur la voie de mon mot via une tactique très spéciale élaborée par un comportementaliste influent, procédé panachant mime, contorsions et dandinements enthousiastes.
Pourtant je ne connais que lui, je l'ai utilisé un nombre incalculable de fois. Le sentant approcher à reculons, manœuvrer dans le but de me faire le coup de l'esquive alors que je le sens juste là sur le bout de ma langue, est encore plus rageant.
Il s’estompe, se dilue, ses contours sont devenus flous, un peu comme un visage que nous ne pourrions plus voir après une trop longue absence. Pour le mot c’est exactement pareil, il s’est fait bouffer par le vague et se cache, tapi au fin fond d’un recoin de mon neurone tout bonnement parce que la liaison neuronale bugge.
J'ai parfois le système d'exploitation faiblard, tout comme je peux multiplier les erreurs fatales mais il est inconcevable que ce soit lui qui puisse avoir le dernier… Mot.
Plus têtu que moi tu meurs !