mercredi 26 novembre 2014

Mercredi 26 novembre 2014 - 14:38:42

J'avais oublié à quel point il est ardu d'écrire tous les jours ici.
Écrire n'est pas vraiment difficile, chacun de nous peut écrire tout comme n'importe quoi et de façon plus ou moins académique, du moment que ça lui convient. Par contre, se "laisser tomber dans" ou se "laisser prendre par" l'écriture, comme je le fais depuis quatorze ans sur un autre support, est plus problématique pour moi depuis quelques semaines. Je me rends compte de mon incapacité sans cesse grandissante à aborder certains sujets "ici" alors qu'ils n'ont jamais été tabous pour moi "partout ailleurs".

Parfois les mots ne sortent pas et peu importe le bout par lequel je les prends pour tenter de les assembler, au pire ils refusent de se délier et au mieux ils ne se lient pas entre eux. J'ai, bien entendu, testé la méthode du reviens-y plus tard, sans grand succès hélas.
Depuis trois jours je butte sur les mots d'une phrase que je ne parviens pas à construire correctement. Quelque chose m'accroche l'oreille, m'arrache la... bouche lorsque je la lis à haute voix. Il y a de la retenue dans l'air, peut-être même une forme aiguë de rétention, un filtre quelconque un peu trop zélé, voire une soudaine Omerta en guise de représailles. Qui sait ?

Si les mots refusent davantage chaque jour de s'écrire tout en élargissant le champ d'action des sujets à ne plus aborder, je risque la page désespérément blanche d'ici peu. Le comble...

Ce n'est pas le poids écrasant d'un monde (mal-en-point) sur mes épaules qui me coud ainsi la bouche mais celui d'une partie de la vie chamboulée de toute la famille qui pèse de plus en plus lourd - aussi - sur ma plume.

8 commentaires:

  1. Il y a des choses, parfois on l'a dans la tête mais les les pensées refuses de se laisser emprisonnées dans des mots. Par pudeur, va savoir...
    Il y a des sujets que je n'arrivais plus à aborder qui aujourd'hui se délit de nouveaux en ligne et paragraphe. Rien ne sert de forcer, juste parler d'autre chose en attendant, continuer à écrire, pour soi ou pour les autres mais garder cette gymnastique de l'esprit qui se rouillent vite si on ne l'utilise plus ;-)
    Et puis il y a les choses que j'aborde dans mes petit carnet privée à nul autre oeil que le mien destiné, bien souvent mal écrit, plein de faute mais peu importe... Des fois le simple fait de savoir que d'autre liront bloque un tant soi peu...

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    1. Tu as raison, les automatismes d'écriture se perdent vite... Rapidement les mots ne se rangent plus dans l'ordre, phrases viennent donc moins facilement, il y a une sorte de "timidité" du mot malgré les idées présentes.

      J'ai le neurone engourdi/bloqué/noyé par... une quantité de choses mais une en particulier m'empêche de libérer la parole que j'ai pourtant, habituellement, facile. Pour le moment.
      Petit à petit je vais retrouver mes bavardages cybernétiques. Sourire.

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  2. Si ça peut te rassurer, je suis aussi dans une période de blocage.
    Je ne sais pas quand je vais en sortir.
    Après est-ce une obligation d'écrire tous les jours ?
    Perso, étant dans le jeu de Franck, je me dois d'écrire un truc tous les jours. Ce qui n'est pas le cas depuis le début de la semaine.
    Mais une fois le jeu terminé, je ne vais certainement pas écrire tous les jours.
    On verra bien !

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    1. "Et comment'qu'ça m'rassure !!" ;-)

      Il n'y a aucune obligation à écrire tous les jours (ici) mais je l'ai toujours fait sur de nombreux autres supports et peu importe le lieu : au boulot, à la terrasse d'un café, à la plage, dans la rue, au musée... n'importe où et n'importe quand. Je note un mot qui va me servir à avoir "mon" idée du jour, je retranscris une phrase ou carrément une brève conversation entendue, je note un ressenti, une anecdote, une idée qui me traverse l'esprit et que je ne tiens pas à oublier.
      En gros, je note tout ce qui me fait réagir, en positif comme en négatif. C'est un réflexe professionnel qui m'a toujours permis de "retrouver" mes petits le moment venu.

      Pour le blog c'est différent, j'ai parlé il y a peu de l'idiote censure dont je ne parviens pas à me défaire, de divers sujets que je n'aborde pas pour avoir une certaine paix. A tort ou à raison ? L'important n'est pas là, l'important est le plaisir de bloguer. Hélas, les petits ou gros tracas de la vie courante ont un impact sur ledit plaisir.

      Si tu savais le nombre de fois où je me suis tâtée à participer au jeu de Franck... Primo, je ne me sens pas à la hauteur et secundo il est hors de question de ne pas suivre la consigne de la note journalière et de faire la chose à moitié donc. ("Parce qu'en plus d'être chiante, elle est perfectionniste ?" --- > Oui ! :-D).

      On devrait former un club, nous devrions être quelques uns et peut-être que le fait d'être entre bloqués... nous débloquerait !

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  3. je pense que le fait de se connaître un peu par voie de blog est une chose plutôt rassurante… Nous sommes (lecteurs) des écouteurs, des passeurs, des blogamis. Le fait de ne jamais se rencontrer (perso j'y tiens à quelque très rares exceptions), permet justement une certaine liberté de ton et une introspection qui ne pourrait peut-être pas être de même nature si nous nous connaissions.

    Cela nous aide aussi exorciser un peu les ennuis ou interrogations…

    Ecris… pour ne que ça sorte… Cela fait du bien… Cela te fera du bien. On est souvent étonné d'apprendre que beaucoup de blessures ou d'inquiétudes sont partagées.

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    1. "Chez" moi c'est un étrange mélange : justement parce que je connais très bien certains lecteurs/lectrices et pas suffisamment d'autres, je ne peux aborder tous les sujets. D'ailleurs, étrangement, ceux que je connais de visu ne me commentent quasiment jamais, justement parce qu'ils me connaissent trop et ne se sentent pas d'intervenir dans cette petite bulle... C'est en quelque sorte le serpent qui se mord la queue. Rire.

      Quant aux lecteurs/lectrices que je ne côtoie que par blogs interposés, ils ne me connaissent pas suffisamment et je ne voudrais en aucun cas une quelconque méprise.
      Cela peut paraître idiot mais c'est vraiment un ressenti ambivalent : à la fois de liberté d'expression parce qu'il n'y a pas le regard de l'autre, en même temps, justement parce qu'il n'y a pas ce regard là, je peux être bloquée.

      J'ai besoin qu'il y ait un certain échange, une sorte de connivence, de proximité (même uniquement verbale)... dans toutes mes relations personnelles, y compris bloguesques. J'ai toujours eu du mal avec les relations tièdes.

      "On est souvent étonné d'apprendre que beaucoup de blessures ou d'inquiétudes sont partagées" <<< Très joliment dit... :-)

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  4. Je te comprends tellement bien.
    Le paradoxe, c'est que justement tu as écris les mots même que je n'arrivent pas à mettre en ligne.
    Dans ma tête ils se bousculent tous prêt à partir à l'assaut mais se replient face au moment venu. Une vraie bataille.
    Sans doute parce que ce que j'ai envie d'écrire est devenu très personnel ou simplement parce que j'ai davantage envie, besoin de le parler.

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    1. Tu as tout dit dans ta dernière phrase... Bravo !
      Il arrive un moment, parce que ce qu'on vit est un peu trop lourd à porter, où on a besoin de parler, d'être soutenue par un regard, par une main.
      Il arrive un moment où écrire ne suffit plus... Et puis le goût d'écrire nous revient. Il revient toujours.

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