lundi 23 juin 2014

Soleil De Mi-Nuit

Le climat était plutôt sympathique sur la plage pour fêter, en fanfare, l’arrivée de l’été et la fête de la musique. Au menu : deux groupes locaux jusqu’à minuit puis DJ, la fin de la petite fiesta étant prévue à 3 heures. 
Après plus de deux heures passées un peu trop près des enceintes, la tête comme une citrouille et les oreilles en déconfiture, impatiente d’échapper à la foule j’opère un repli stratégique avec l’idée d’aller faire trempette un peu plus loin. D’ailleurs j’ai déjà ôté mes chaussures et déambule pieds nus dans le sable jusqu’à mon petit coin favori.

Sans avoir le temps de comprendre quoi que ce soit, me voilà catapultée avec force par une M.C.I (masse corporelle inconnue) venue percuter mon dos de plein fouet. Je n’ai pas le souvenir d’une vision ou d’une pensée particulière si ce n’est celui de m’envoler dans les airs, aussi légère qu’une plume, vers je ne sais quels sommets et celui des cris, des exclamations que mon superbe soleil venait de provoquer. Réveil brutal au moment du choc, ma tête heurte, je crois,  le coin du muret délimitant la terrasse d’un restaurant de plage. Quelques personnes accourent, me parlent, mes amis hurlent, m’enlacent, des mains me touchent (pourvu que ce soient celles de mon mari), des bras tentent de me soulever. 

Ma tête est endolorie, j’ai la sensation d’avoir le corps entouré de coton. Je regarde, effarée, les visages agglutinés autour de moi. Je manque d’air, tout ce monde m’oppresse.
Très rapidement je me relève, seule, légèrement sonnée par le triple salto et secoue le sable qui s’est collé un peu partout sur mes bras, mes jambes, mon ventre, mon dos, mon visage. J’en ai même dans la bouche. Ma petite robe blanche s’irise de rouge et finit par être quasi recouverte sur le devant. Je cherche  mes chaussures que je ne retrouve pas.

Panique, le sang coule partout sur mon visage, une chaleur diffuse m’inonde. Un homme dit qu’il est médecin, que son cabinet est situé à deux rues de là et que nous y allons dès que j’aurai repris mes esprits. Il me demande de m’asseoir, de ne pas bouger, ajoute qu’il va examiner ma tête, vérifier mes réflexes. Il m’envahit jusqu'au fond des yeux, je suis hébétée, sans réaction et totalement pétrifiée.  Le verdict tombe : plaie ouverte, sutures nécessaires.
Un autre homme, plus jeune, se tient à mes côtés, visiblement gêné et tout en retenue. Il dit qu'il faut appeler les pompiers ("non pas les pompiers" !) me prend la main et m’explique (je ne comprends rien), s’excuse ("ce n’est rien", lui dis-je), il me sourit et je fais de même. Je comprends alors que la "M.C.I", c’est lui ; un grand gaillard, rugbyman de son état, un mastodonte qui fait trois fois ma largeur et une fois et demie ma hauteur (et non, je ne suis toujours pas de Marseille !).
Je réalise alors et seulement à cet instant-là, avoir frisé de peu la mise en orbite, voire l’atomisation !

Bilan de la soirée : Mon record de saut en hauteur du lycée largement battu, quelques contusions de rien du tout, une belle trouille, trois mèches de cheveux en moins, quelques travaux d'aiguille et... une paire de superbes chaussures disparues (vautours !). 
Retour à la maison aux alentours de 4 heures du matin.
 

C’est décidé, à la prochaine fête j’adopte l’armure en acier trempé et le bouclier magnétique ! Brennus n'aura qu'à bien se tenir ;-)



|Je repasse plus tard (dans la journée ou demain) pour répondre aux commentaires des deux dernières notes et vous lire chez vous|

9 commentaires:

  1. Sébastien Chabal23 juin 2014 à 16:19

    J'ai donné quelques cours de drague à mes copains mais visiblement tu ne goûte pas ce type d'approche... Tant pis, on fera d'autres essais
    Si je comprends bien: tu t'es envoyée en l'air avant de te retrouver au coeur de la mélée (des curieux) ?
    Bon rétablissement !
    Bises tout en douceur.

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    1. J'ai donné quelques cours de drague à mes copains mais visiblement tu ne goûte pas ce type d'approche... <<< Je pourrais peut-être-éventuellement-faut-voir me laisser tenter si la transformation vient de Jonny Wilkinson !

      Je suis rétablie, dorénavant je surveillerai un peu mieux mes arrières ! Bises...

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  2. Mais au moins sais-tu pourquoi il t'a pris pour un ballon de rugby ? Quand même pas juste pour le plaisir de faire un drop ? :-)

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    1. Sur cette partie de la plage et plus particulièrement sur cette anse un peu en retrait, il y a des zones d'ombre.Il était dans le feu de l'action m'a-t-il dit... Sans doute a-t-il de sacrés problèmes de vue ou alors il m'a prise pour un nouveau joug ! :-)

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  3. Titre mensonger ! Je pensais lire une note enthousiaste sur ton voyage (à venir ???) en Norvège ou en Finlande, et tu arrives à parler de rugby en pleine coupe du monde de football !!!
    N'empêche, le soleil de minuit, c'est pas idéal pour le camping ;-) Bon rétablissement quand même !!!

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    1. Titre mensonger ? Mais pas du tout, du tout ! :-O

      "Mi-nuit" (le tiret n'est pas là uniquement par souci d'esthétisme ou à cause d'un dérapage de mes doigts sur le clavier), période/entre-temps élastique se situant entre 00 h 12 et 03 h 05 est sensiblement différent de "Minuit" (Il est minuit docteur Schweitzer), heure précise, horlogerie Suisse ou Bisontine, oblige. Alors est-il ou n'est-il pas ? :-))

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    2. Zut, j'ai oublié :
      - 1) Merci pour le prompt rétablissement...
      - 2) "et tu arrives à parler de rugby en pleine coupe du monde de football !!!" <<< Je vais me gêner tiens ;-) Comme tu le sais (parce que je le crie haut et fort à qui veut bien l'entendre) je ne suis pas très foot, par contre, j'aime bien le rugby à dose moyenne, plus particulièrement l'équipe du RCT qui a gagné la H Cup tout récemment. Et puis à la prochaine Coupe du monde de rugby, en 2015, j'aurai une bonne excuse pour peut-être causer foot ! ;-).

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    3. Désormais, tu seras condamnée au mi-choko, que je ne sais même pas si ça existe encore -en Alsace, , cela dit, la pire des punitions, ce serait plutôt un mi-chou...- ! En été dans les pays scandinaves, soleil de mi-nuit ou soleil de minuit, c'est pareil et l'effet est le même : il fait jour et on peut pas dormir, dis-je en persistant et signant !!!

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    4. Rire. Oh que si (que) ça existe encore les Mi-choko, si tu parles bien de ceux de la Pie qui chante et non des Mi-choko Brasil, Coupe du monde oblige...

      Le petit pain Mi-chou une punition ? Seulement s'il est mi-cuit ! Avec un petit morceau de mi-molette mi-jeune, mi-vieille... ça devrait aller :-))

      En été dans les pays scandinaves, soleil de mi-nuit ou soleil de minuit, c'est pareil et l'effet est le même <<< Ah mais je sais, je connais, seulement dans mon cas, , c'est pas pareil du tout ; c'est un peu comme midinette et mi-dinette, vois-tu ? Dis-je en persistant et signant !!! Tu veux qu'on départage notre entêtement en faisant un bras de fer ?? (Heu... quelque chose me dit que ce n'est pas une bonne idée, sauf si j'ameute mes cousins Corses :-D)

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