jeudi 16 octobre 2014

Le Frère Que Je N'aurai Jamais

J'aurais tant aimé avoir un frère.
Un grand frère avec qui partager le quotidien ainsi qu’une partie de son expérience. Un grand frère qui m’aurait permis d’éviter de possibles sorties de routes ou de m'aventurer sur de mauvais chemins. Un aîné qui aurait essuyé les plâtres à ma place, enfoncé les portes de toutes les premières, inauguré les "encore jamais connu/vécu/pensé dans la famille" et avec qui j’aurais pu faire les quatre cents coups sans aucune crainte. Un grand frère qui aurait été un meilleur… Tout : ami, conseiller, guide, confident. Un montreur et ouvreur de voie, une voie forcément légèrement différente de celle voulue par de très jeunes parents un peu trop protecteurs. Un frère quoi. Et moi, pour lui, j'aurais tout fait...
Oui mais voilà, en guise de grand frère, j’ai eu une petite sœur qui m’en a fait voir de toutes les couleurs.


Je me suis toujours mieux entendue accordée avec les garçons mais j’avais quelques bonnes copines d’école avec lesquelles je passais le plus clair de mon temps libre. Les choses ont radicalement changé le jour où ma meilleure amie raconta à toute la classe le secret de famille qu’une voisine venait de me balancer en plein visage. 
J’avais 10 ans et cette trahison de fille laissera d’indélébiles traces, presque aussi douloureuses que celles laissées par le poids dudit secret qui pèsera longtemps sur mes frêles épaules.
Malgré de nombreuses et vaines tentatives, je ne suis jamais parvenue à retrouver une totale confiance féminine, à part avec ma sœur. Sans doute est-ce pour cette raison que mes amis intimes sont des garçons rencontrés au collège, au lycée ou pendant mes études supérieures, des hommes croisés au sein de ma sphère professionnelle ou de celle de mon mari. Logiquement mes amies intimes sont les femmes qui partagent leur vie. Et ça roule très bien ainsi !


Petite, comme tous les enfants ou presque, j'étais davantage attirée par les plus âgés, par les "grands de l'école d'à-côté" et, en grandissant j'ai naturellement gardé les mêmes affinités. L’explication est simple : ayant une avance scolaire de deux ans et demi, j’étais systématiquement la plus jeune, je me suis donc construite avec ce schéma-là.

Il est presque certain qu'au travers de ces amitiés masculines, j’ai cherché/je cherche à vivre la relation que j’aurais pu tisser avec ce frère que je n’ai jamais eu.

12 commentaires:

  1. Maxime Le FoxTerrier16 octobre 2014 à 18:10

    Moi, le frère que tu n'as jamais eu
    Sais-tu bien si j’avais vécu
    Ce que nous aurions fait ensemble ?
    Trois ans après moi, tu serais née,
    Alors on n'se s'rait plus quittés
    Comme des amis qui se ressemblent

    On aurait parlé nissart en cœur,
    J'aurais été ton professeur
    A mon école buissonnière.
    Sur qu’un jour je t’aurai fait la l’çon,
    Te consolant de ce garçon
    Ton amourette, la première.

    Mais je n’suis pas là
    A qui la faute ?
    Pas à ton père
    Pas à ta mère
    Tu aurais pu chanter cela

    Moi, le frère que tu n'as jamais eu,
    Le gardien qui aurait tout su
    De tes secrets, de tes mystères.
    Je t’aurai protégée dans mes bras
    Des avanies et des coups bas,
    Que seule la destinée peut faire.

    Sur mon épaule en toute confiance,
    Tu aurais tombé tes défenses
    Tu m’aurais confié tes problèmes.
    Je t’aurai donné quelques conseils
    Que t’aurais mis à la corbeille
    Pour vivre ta vie comme tu l’aimes.

    Mais je n’suis pas là
    A qui la faute ?
    Pas à ton père
    Pas à ta mère
    Tu aurais pu chanter cela

    Moi le frère que tu n’auras jamais
    Je suis toujours dans tes pensées
    Toujours présent en filigrane.
    Tu peux m’appeler le jour, la nuit,
    Et je viendrai sécher la pluie,
    Et transformer en rire tes larmes…..

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    1. Ton adaptation de la chanson de Maxime (l'autre Maxime ;-)) m'a beaucoup émue, pas mal troublée aussi. D'ailleurs j'ai eu du mal à trouver le sommeil, elle fait écho à tellement de choses... Mais ça tu le sais déjà puisque je t'en ai touché deux mots à chaud.

      Joli travail J.M, il ne te reste plus qu'à me la chanter maintenant ;-)
      Merci...

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  2. Je te prête le mien, si tu veux... Ça devrait te faire passer l'envie !

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    1. Heu... ça ne sentirait pas un peu le cadeau empoisonné ? Rire.
      Il est comment ton frère ? Pas trop jeune ni trop vieux ? Pas pimbêche, revêche ou toujours levé du pied gauche/jamais content ? Généreux, attentif, attentionné, pas radin ni handicapé du cœur, j'espère. Si non et... si oui, je peux peut-être envisager, éventuellement d'accepter le prêt.

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  3. J'ai 3 frères et je suis le petit, on s'adore, d'ailleurs on part passer 3 jours à malte tout les 4, mais le coté protecteur, moi je sais, crois moi que quand tu es ado, ben il est un peu lourdingue le frangin :-)
    Moi j'aurais voulu une soeur, petite ou grande...
    Et finalement tout comme toi mais à l'inverse mes meilleurs amis sont des amiEs, ceux à qui je me confie, qui ont m'a confiances et vice versa...
    Je compte plus d'amitié "filles" que "garçons" !
    Étonnant non ?

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    1. La relation entre deux frères est un peu différente de celle entre un frère et une sœur je suppose, justement parce qu'ils sont de sexe opposé et ne piétinent pas les mêmes plate-bandes. Mais je retrouve bien ce que tu décris dans le récit que me faisait ma mère qui a trois grands frères et rêvait d'être l’aînée. Ça ne l'a pas empêché de rencontrer mon père !

      J'aime bien le côté protecteur mais il ne faut pas qu'on m'étouffe de trop ou qu'on tente de diriger ma vie. Il faut me donner l'impression que l'idée vient de moi, y aller par petites touches. Encore aujourd'hui d'ailleurs... Sourire.

      "Je compte plus d'amitié "filles" que "garçons" ! Étonnant non ?" <<< La part féminine présente en chaque homme doit être plus développée (;-)) quant à moi, il est probable qu'un petit côté masculin soit bien caché quelque part. Non pas là ! :-))

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  4. Comme toi je n'ai pas eu de frère mais une sœur… par contre, j'ai un fils ainé qui est donc le grand frère de sa sœur et de son autre frère… Il joue un peu le rôle que tu décris. Il rassure, est attentif, veille, s'amuse… C'est vrai que c'est chouette !

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    1. J'ai deux filles qui, comme moi, auraient aimé avoir un grand frère... C'est un peu tard, à moins "d'adopter" un jeune homme au pair !

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  5. Je suis l'aîné et ai servi de brouillon. La différence d'âge (4,5 ans) avec mon frère et mon caractère directif à l'époque où nous jouions ensemble ne lui ont pas rendu service et il a dû regretter souvent d'avoir un grand-frère.

    Par contre il m'a remercié de lui avoir fait connaître Pink Floyd (dès 1967) alors que ses copains ne juraient que par CloClo.

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    1. Sourire. Oh non, tu n'as pas servi de brouillon, un aîné est également un chef-d'oeuvre ! ;-) Il est évident qu'en tant que premiers de la fratrie, toi et moi avons dû participer à quelques essais, à de plus ou moins nombreuses phases de tests. On a essuyé les plâtres.
      Les premières fois ne sont évidentes pour personne.

      Ma sœur et moi avons deux ans d'écart, aujourd'hui tout va bien mais enfant c'était une tornade doublée d'une teigne qui, en plus, faisait tous ces coups en douce. Combien de fois j'ai rêvé qu'elle se fasse manger par le croque-mitaine... ! Rire.

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  6. Je n'ai pas eu de frère, moi non plus, et pas d'amies "intimes", non plus, pas d'amies tout court d'ailleurs, mais des amitiés masculines, solides, durables et rassurantes. L'un d'eux est d'ailleurs devenu mon beau-frère! Car j'ai une petite sœur, très très "petite" puisque nous avons 14 ans d'écart. Quand elle commença à grandir, je me mis à remplir avec une fougue sans doute exagérée la fonction que je m'étais assignée: à la fois passeur de traditions, mentor et initiatrice. Ma solitude adolescente avait volé en éclat et ma sœur emplissait mon espace. Plus tard Il y eu de grandes éclipses dans nos relations, des moments tendus, des moments distants...Puis d'abord timidement, puis de plus en plus franchement, une complicité s'est installée. Dans les moments difficiles que je traverse, elle est tout simplement merveilleuse d'attentions, de tendresse, de présence.

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    1. Ton commentaire est très émouvant... tu "racontes" divinement bien :-)

      Avec 14 ans d'écart il est normal, je pense, qu'il y ait eu des moments distants, sans doute avais-tu déjà ta famille ou étais-tu en passe de la fonder alors qu'elle terminait son adolescence. Le lien est différent de celui que peuvent avoir des frères et sœurs ayant grandi ensemble, joué aux mêmes jeux, vécu les mêmes expériences, différent de ceux qui se sont élevés et construits ensemble.

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