mardi 14 octobre 2014

Destins Croisés

Nous avons arpenté les trottoirs, sillonné les rues d’une même ville.
Nous nous sommes impatientés dans les mêmes files d’attente.
Nous avons respiré le même air.
Nous avons pris les mêmes avions, les mêmes trains ou les mêmes bateaux.
Nous avons sangloté ensemble, anonymement réunis par un chagrin similaire.
Nous avons assisté aux mêmes spectacles, dansé ou applaudi de concert.
Nous nous sommes instinctivement souris, arrêtés côte à côte à un feu rouge.

Nous avons regardé dans la même direction, vu un horizon unique.
Nous avons parcouru simultanément un itinéraire identique chaque matin ou chaque soir.

Nous avons marché dans nos traces respectives, dans la neige ou sur le sable d’une plage.
Nous avons partagé un rayon de soleil à la terrasse d’un café où nous nous sommes regardés sans vraiment nous voir.
Nous avons ri
 ensemble d'une situation loufoque.
Nous avons choisi les mêmes abris les jours où l’orage nous a surpris..
Nous nous sommes spontanément tenus la main pour nous donner du courage avant d'affronter un jury.
Nous nous sommes recroisés, abasourdis, dans un autre pays.
Vous fréquentez "mes" commerces de proximité qui sont donc aussi les vôtres.
Je passe tous les jours devant chez vous.
Nous nous reconnaissons dans la rue sans pour autant nous connaitre.
J’étais secrètement amoureuse de vous lorsque nous étions au collège…
Vous m’avez gentiment prêté votre blouson, un soir d’automne, en attendant l’arrivée du bus.
Nous luttons ensemble pour ces mêmes causes qui nous rassemblent.
Je ressemble à toutes les passantes que vous voyez dans la rue. Je suis comme vous, vous ou encore vous : une personne parmi tant d’autres, déambulant au milieu de la foule des inconnus qui se croisent un jour par hasard. 

Ces existences qui viennent à se juxtaposer, à se trouver un moment donné (re)liées par un destin…  C’est quand même extraordinaire !



|N.B : Vous n'avez pas la berlue, aujourd'hui je suis bien atteinte de "Même-omanie" ;-)|

6 commentaires:

  1. J'aime beaucoup. Cela me rappelle la sublime chanson de Brassens… Merci Niou pour ce bien joli texte.

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    1. Je viens de réécouter Les Passantes. Mon "pauvre" texte et celui sublimement poétique de la chanson interprétée par G. Brassens, ont une représentation commune, je crois : la vue d'un visage, un regard échangé, aussi furtif et innocent soit-il, une proximité soudaine ont le pouvoir de faire naître et nourrir l'imagination.

      Ma note est particulièrement axée sur la notion du hasard qui fait/ferait se croiser des inconnus, une ou plusieurs fois dans leur vie et à intervalles plus ou moins réguliers. A la croisée des parfois mêmes chemins, en quelque sorte… Je doute de la clarté de mon explication. Rire.

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    1. Mais pourcoa donc... coi ?

      Est-ce la grenouille qui se transforme en Prince charmant quand... on lui offre à déjeuner ? ;-)

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  3. En guise de réponse, tu pourrais avoir droit à cela :
    "Vous qui passez sans me voir
    Sans même me dire bonsoir
    Donnez-moi un peu d'espoir ce soir...
    J'ai tant de peine
    Vous, dont je guette un regard
    Pour quelle raison ce soir
    Passez-vous sans me voir ?
    ..."

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