lundi 17 mars 2014

Chronique D’un Crime Parfait

La note promet d’être longue et forcément... la lecture aussi. J’ai essayé de résumer au maximum de mes possibilités mais allez donc demander à une bavarde de faire un choix entre tous ces mots indispensables. Pas facile de se couper la parole, alors… je vous offre un kawa ? Un baba ? Du chocolat ? ;-)

Comment bien réussir son crime ? Mission des plus délicates, le propre du crime parfait étant qu’il le reste jusqu’au jour où il est élucidé. Le modus operandi du crime idéal est donc une "matière" peu portée à notre connaissance, il n’existe pas de guide type, encore moins de notice du mode de fonctionnement typique d'un criminel.
Consciencieuse jusqu’au bout des ongles, je ne pouvais décemment pas donner conseils ni suggérer techniques sans les avoir testées au préalable. Ne reculant devant aucune difficulté pour vous, chers lectrices et lecteurs, j’ai tâché mon beau pull pour éprouver et approuver certaines méthodes.

Tout d’abord… Qu’est-ce qu’un crime "passionné" ? Il s’agit tout simplement de la version gore du "qui aime bien, châtie bien". Si vous êtes adeptes du crime passionné, et là je m’adresse plus particulièrement à vous chères lectrices, je suis d’accord pour risquer ma peau dans cette affaire mais pas pour en changer, je ne peux donc pas me mettre à votre place messieurs.
  La victime est : votre mari, compagnon, concubin, Canard, partenaire, Jules, Choupinou, Doudou, Lapin, Mamour... peu importe. 
  Le mobile est : l’Amour : Trop d’amour, pas assez d’amour, de l’amour pas comme il faut, de l’amour plus qu’il n’en faut ou de l’amour qui dégouline un peu trop généreusement en dehors du couple (Un pinailleur belliqueux ?).

Maintenant que le décor est grossièrement planté, passons aux différents modi operandi :
   
    - Si vous arrivez à la maison avant votre Lapin qui rentre de plus en plus tard ces derniers temps de son soi-disant bureau, vous pouvez jouer la carte de : "Oh my god ! J’ai tenté d’empêcher un cambrioleur de pénétrer". 
Pour cela, il serait judicieux de rapatrier au plus vite du grenier les ustensiles de cuisine solides-comme-on-n’en-fait-plus et lourds de conséquences (poêle ou moule à biscuits en fonte, rouleau à pâtisserie en marbre), legs de votre arrière-grand-mère. Vous l’attendez dans le noir, tapie contre le mur derrière la porte d’entrée, armée de l’ustensile de votre choix. Et pan ! Il vous faudra penser à casser le carreau, de l’extérieur vers l’intérieur.
    
    - Si, malgré les turbulences que traverse votre couple, vous souhaitez lui faire l’amour encore une fois "comme si c’était la dernière fois, encore une fois toi et moi… puisque l’amour s’en va" (sauf que ce coup-ci, ce sera vraiment la dernière fois), vous pouvez lui offrir une mort façon Basic Instinct. Quoi de plus passionné que de finir embroché par un pic à glace ? Dans ce cas, pensez à changer immédiatement les draps, profitez-en, par la même occasion, pour faire votre grand nettoyage de printemps. Oui, je sais, nous sommes encore en hiver mais avec les méthodes d’investigations actuelles et les analyses scientifiques toujours plus poussées, mieux vaut se méfier. Ne laissez pas traîner de cellules épithéliales, encore moins d’empreintes digitales, effacez toute trace de fluides corporels, de fibres, de cheveux ; ils peuvent en dire long, même quand ils sont courts.
    
    - Vous préférez éviter de vous salir les mains et la conscience ? C’est tout à votre honneur. Dans ce cas, une araignée dont la piqûre est mortelle, un serpent du même acabit ou un scorpion venimeux feront des merveilles. Allez conter fleurette au Père Fouras, faites-lui le coup du panier tournant, si vous y mettez de la bonne volonté, vous aurez accès à l’animalerie.
    
    - Si vous êtes une cuisinière hors pair et que votre rustre de Mamour ne fait jamais de compliments sur les savoureux plats que vous passez des heures à cuisiner pour lui, vous pouvez opter pour un empoisonnement hot et délicieux. Une surdose de piment d’Espelette, couplée à une de pili-pili sans oublier une  louche de harissa en complément, le tout tendrement incorporé au divin couscous dont vous avez le secret, constituera une mort pleine de saveur.
    
    - S’il est allergique au pollen, vous avez de la veine ! Pensez, dans un premier temps, à jeter ces médicaments antihistaminiques. Le matin venu, diluez dans son jus de fruits trois cuillerées de pollen en pelote. Ajouter du miel pour masquer le petit goût champêtre et s’il trouve que la saveur est différente dites que c’est du multivitaminé de chez Gaylord Buld'Hauser. Remplacez le pollen par des cacahuètes, de la banane, des noisettes, etc...  selon le type d’allergie dont il souffre.  Gros choc anaphylactique et hop !
    
    - Et si, in fine, le crime parfait était tout bonnement de pousser quelqu’un d’autre à le commettre à votre place ? Et pourquoi pas la victime elle-même ? Alors soyez inventives et créatives ! Si l’argent n’est pas un problème pour vous, offrez-lui enfin la voiture de sport de ses rêves, évitez les Allemandes et les Suédoises, votre très cher et tendre risquerait d’être encore de ce monde après douze tonneaux et le déclenchement tout azimut des airbags latéraux, ventraux, centraux, frontaux… et caetero.

Pour faire de cet homicide par amour un crime par amour du travail bien fait - vous êtes une femme et les femmes aiment le travail bien fait - n’oubliez pas de vous débarrasser du corps dans les plus brefs délais. Commencez par le découper en petits morceaux, plus facilement dissimulables et transportables. Une scie égoïne fera l’affaire, évitez le couteau électrique ou la tronçonneuse qui hachent et éclaboussent ; vous n’allez tout de même pas passer votre vie à faire le ménage, surtout maintenant que vous êtes libre.
Débarrassez-vous de la preuve de votre forfait (enfermée méticuleusement dans des sacs en plastique triple épaisseur) discrètement dans un fleuve, dans une rivière, un ruisseau ou encore à la mer. N’oubliez pas qu’un corps flotte mieux dans l’eau salée, il convient donc, si vous prenez l’option mer, de "plomber" le paquet avec du lourd ; ses statuettes Birmanes en bronze, par exemple. Vous profiterez de l’aubaine pour y ajouter sa collection Japonaise de Netsuke que vous n’avez de toute façon jamais pu saquer. Prenez soin d’éliminer de la même façon, les éventuels témoins.

Ensuite… cela peut vous sembler logique mais ne laissez jamais rien transparaître. Si vous êtes bavarde, lorsque vous aborderez le sujet avec vos amies, jouez plutôt la veuve éplorée "ensanglotée", vous éviterez ainsi de nombreuses maladresses. De même, lorsque vous parlerez de vos talents culinaires, mieux vaut ne pas évoquer la résistance de la poêle en fonte de l’arrière-grand-mère, cela pourrait être compromettant.

Pour finir, quelques précautions assurant vos arrières, s’imposent : Avant de commettre l’irréparable, essayez d’opter pour la bonne vieille solution de la séparation, moins traumatisante pour vous. Vous y perdrez quelques plumes mais ne serez pas répréhensible d’avoir voulu sacrifier votre coq au vain. De plus, vous ferez la nique à cette bonne vieille culpabilité.
Si vous êtes une ménagère très désespérée, alors foncez, mais vérifiez au préalable que vous êtes bien couchée sur son testament. Oui, je sais, vous ne faites pas ça pour l’argent mais, si ça peut ajouter du beurre dans le potage, vous n’allez pas cracher dans les épinards, tout de même.

Voilà, je pense en avoir suffisamment écrit pour aujourd’hui, n’hésitez pas à me faire parvenir vos idées, trucs et astuces, il y a forcément des dizaines d’autres solutions envisageables. Je suis bien loin d’être passée maître es crime parfait, je viens d’apprendre sur le tas.



* Ces informations sont mises à votre disposition sans aucune garantie d’un déroulement sans anicroche, par conséquent je ne saurais être tenue pour responsable de la mauvaise interprétation qu'il en serait faite, ni d’éventuels dommages subis directement ou indirectement causés par un superbe ratage. Je m’engage toutefois à venir vous apporter des oranges là où vous serez, si le besoin s’en fait sentir.
* Si vous êtes de la Crim’, je n’ai pas tué Vincent, François, Paul et les autres, je lève la main droite et je dis "je le jure".
* Toute ressemblance avec des évènements, des situations, des lieux, des personnes existant ou ayant existé serait fortuite et pure coïncidence...

4 commentaires:

  1. Et sinon ? ton mari va bien ? :-)
    Gaffe, comme nous le raconte Juliette dans son dernier album, cela peut planter aussi : http://www.deezer.com/track/70187728
    Et sinon cela fait plaisir de te relire à nouveau ;-)

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    1. Rire. Et bien écoute, jusqu'à ce matin il allait très bien mais c'est normal il ne rentre pas dans la catégorie des exemples sus-cités. Je vais tout de même lui passer un coup de fil, histoire de m'en assurer ;-)
      Par contre, je testerais bien une nouvelle arme fatale sur Cerbère, ton antispam.
      Et sinon... merci, c'est aussi un plaisir de pouvoir à nouveau te lire :-)

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  2. J'ai pris des notes mais je crois que je vais réfléchir encore un peu avant de passer à l'acte.

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    1. Bienvenue François, je viens de voir comment tu es arrivé jusqu'ici. Sourire.

      Que tu souhaites réfléchir encore un peu me rassure, je ne voudrais pas être responsable de ton passage à l'acte. Toutefois, je me permets d'attirer ton attention à propos de ceci : si réflexion il y a, tu ne pourras plus prétendre au coup de folie, à la méprise ni au crime passionnel. Il y aura préméditation et... ce commentaire peut constituer une preuve accablante. Veux-tu qu'il soit supprimé ? (cela m'ennuierait énormément. En effet, je n'ai pas la chance de voir arriver tous les jours un/une nouveau/nouvelle blogueur.blogueuse :-))

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